Responsable de l'assemblage des images et des sons pour donner vie à l'histoire racontée, le monteur examine les images brutes tournées pendant le tournage (rushes) et choisit les meilleures prises pour construire le film. Il détermine le rythme du film en ajustant la durée des plans et en créant des transitions fluides. Il contribue également à la narration en assemblant les scènes de manière cohérente et en mettant en valeur les moments clés de l'histoire. Le monteur travaille en étroite collaboration avec le réalisateur pour comprendre sa vision et donner au film l'aspect souhaité. Il peut également être responsable du montage son, en synchronisant les dialogues, la musique et les effets sonores avec les images.
Le monteur est un artiste et un technicien qui transforme des rushes en un film fini et cohérent, selon les instructions du réalisateur.
Le rôle du métier va sans doute considérablement évoluer avec l’arrivée de l’IA (Intelligence Artificielle) et des outils automatisés (comme Adobe Sensei ou des plugins de montage assisté).
Après visualisation et sélection des rushes, il choisit les meilleures prises en fonction des critères artistiques et techniques afin d’organiser les plans dans un ordre logique et cohérent pour raconter l'histoire.
Il crée le rythme du film en ajustant la durée des plans et en créant des transitions fluides pour mettre en valeur les moments clés de l'histoire et créer des effets dramatiques ou comiques, selon la nature du projet. S’il est responsable du montage son, il synchronise les dialogues, la musique et les effets sonores avec les images en ajustant, avec des logiciels, les niveaux sonores.
Cela se fait bien sûr en parfaite collaboration avec le réalisateur pour comprendre sa vision artistique et proposer des solutions créatives pour améliorer le montage.
Il est en charge de la qualité technique du montage qui peut s’illustrer par la fluidité et la continuité des séquences (par exemple raccord de mouvement ou de regard), leur rythme (durée des plans et des transitions) et la qualité de l’image et du son (via l'étalonnage)
Le monteur n'est pas impliqué dans le processus de tournage lui-même. Il ne choisit pas les angles de caméra, ne cadre pas les plans et ne dirige pas les acteurs. Son travail commence généralement une fois que le tournage est terminé et que les rushes sont disponibles.
Le monteur ne participe pas à l'écriture du scénario. Il travaille avec le matériel qui lui est fourni et assemble les plans pour raconter l'histoire telle qu'elle a été écrite. Bien qu'il puisse influencer la narration par ses choix de montage, il ne crée pas l'histoire originale.
Bien que le monteur travaille avec le son, il n'est généralement pas responsable de la conception sonore globale du film, qui incombe au concepteur sonore. Le monteur se concentre sur la synchronisation et l'équilibre de ces éléments dans le montage final.
Le monteur peut être amené à intégrer des effets spéciaux dans le montage, mais il n'est généralement pas responsable de leur création. La création des effets spéciaux est le travail d'une équipe spécialisée qui travaille en étroite collaboration avec le réalisateur et le producteur.
Il y a d’abord des diplômes universitaires tels que la Licence en Cinéma et Audiovisuel ou le Master en Montage Cinématographique (qui se concentre sur les techniques avancées de montage, l'analyse de films et la post-production)
Ensuite viennent les écoles du cinéma: La Fémis (École Nationale Supérieure des Métiers de l'Image et du Son) bien sur, mais aussi l’ESRA (École Supérieure de Réalisation Audiovisuelle) ou le 3iS (Institut International de l'Image et du Son) qui offre des programmes spécialisés en montage et effets spéciaux.
Sur une plus courte durée, les ateliers de montage ou formation en ligne délivrent des sessions intensives pour apprendre les logiciels de montage comme Adobe Premiere Pro, Avid Media Composer ou Final Cut Pro
Car sur le plan technique, il faudra absolument maîtriser les logiciels de montage professionnels (par exemple, Adobe Premiere Pro, Final Cut Pro, Avid Media Composer), comprendre les différents formats vidéo et leurs utilisations et acquérir une bonne techniques de postproduction (par exemple la colorimétrie, effets spéciaux, mixage sonore…)
En postproduction, le monteur est familier avec les salles de montage (espaces équipés de stations de travail puissantes et de systèmes audio de haute qualité) et les équipements qui vont avec (logiciels de montage, périphériques de stockage etc.)
Mais les monteurs peuvent aussi travailler dans des bureaux au sein de sociétés de production, où ils collaborent étroitement avec les réalisateurs, producteurs, et autres membres de l'équipe, même si beaucoup d’entre eux sont freelance (ils disposent alors de leur propre studio à domicile ou en espace de coworking, équipé des outils nécessaires pour le montage)
Rarement, mais cela peut arriver, les monteurs doivent se rendre sur les plateaux de tournage pour visionner les rushs en temps réel et donner des retours immédiats.
Quoi qu'il en soit, les horaires sont généralement flexibles et intenses, surtout lors des périodes de bouclage des projets.
A Hollywood, l'accent est mis sur l'utilisation des dernières technologies et logiciels de montage. Les monteurs sont souvent à la pointe de l'innovation technique. Ils bénéficient de nombreuses écoles de cinéma prestigieuses (American Film Institute, University of Southern California (USC) School of Cinematic Arts ou New York University (NYU) Tisch School of the Arts) offrant des programmes spécialisés en montage, ce qui permet une formation académique solide.
En Europe (spécialement en France), les monteurs travaillent souvent en étroite collaboration avec les réalisateurs pour préserver leur vision artistique. Ils doivent souvent adapter leur style pour correspondre aux sensibilités culturelles locales.
En Asie aussi, les monteurs doivent être sensibles aux nuances culturelles et aux styles narratifs uniques. Tandis qu’en Amérique latine, les monteurs doivent souvent travailler avec des budgets limités et être créatifs dans leur approche pour refléter les thèmes sociaux ou politiques qui imprègnent souvent les films de la région.
Dans certaines régions (Moyen-Orient ou Chine par exemple), les monteurs doivent naviguer des régulations strictes et des censures. Cela peut influencer la manière dont les histoires sont racontées.
Une connaissance approfondie des logiciels de montage professionnels tels que Adobe Premiere Pro, Final Cut Pro, Avid Media Composer, etc. est indispensable. Le monteur doit être capable de naviguer efficacement dans ces outils, de manipuler les fichiers vidéo et audio, d'effectuer des coupes précises, d'ajouter des transitions, etc.
Le monteur doit être familiarisé avec les différents formats de fichiers vidéo et audio, leurs caractéristiques, leurs avantages et leurs inconvénients. Il doit savoir comment les convertir et les optimiser pour différents supports de diffusion.
Il doit avoir une bonne compréhension de l'ensemble du processus de postproduction, y compris l'étalonnage, le mixage sonore, les effets spéciaux, etc. Il doit savoir comment ces éléments interagissent et comment les intégrer harmonieusement dans le montage.
Le monteur doit avoir un sens inné du rythme et du timing pour créer un montage dynamique et captivant tout en portant une grande attention au détail: le monteur doit être capable de repérer les erreurs de continuité, les problèmes de synchronisation, les imperfections visuelles et sonores et de les corriger avec précision.
La technique ci-dessus doit être complétée par des compétences artistiques que sont le sens de la narration (le monteur est un conteur d'histoires), la sensibilité émotionnelle (pour jouer avec les émotions du spectateur) ou sa créativité et son originalité (certains monteurs ont un style unique grâce à leur vision artistique forte et un sens esthétique développé).
Pour exceller en tant que monteur cinéma, il vous faudra de la créativité sans négliger le sens du détail. Beaucoup de patience et de persévérance car il faudra être à même d’accepter les critiques et refaire un travail perçu comme accompli.
Votre capacité d’adaptation vous permettra de vous ajuster aux besoins de la production ou du réalisateur, tout en conservant le sens du rythme narratif et du timing (capacité à synchroniser parfaitement l'image et le son pour créer une expérience immersive)
Enfin, votre compréhension des émotions (transmission des émotions à travers le montage pour toucher le public) et votre sensibilité artistique (aptitude à percevoir les nuances émotionnelles et à les intégrer dans le récit visuel) seront des différentiateurs clés dans votre carrière.
Le monteur est souvent appelé le « deuxième réalisateur », car c'est lui qui donne le rythme, la structure émotionnelle et le sens final au film.
Les "trucs et astuces" du monteur sont une combinaison de techniques psychologiques, de sens du rythme et de rigueur technique.
1. La psychologie du spectateur et de l'acteur
Pour préserver la cohérence spatiale et psychologique, le monteur doit faire coïncider les regards des personnages dans des plans différents. L'astuce est de s'assurer que si un personnage regarde en haut à droite dans le plan A, l'objet qu'il regarde dans le plan B est bien situé en bas à gauche. C’est ce que l’on appelle Le Raccord dans l'Axe de Regard (Eyeline Match)
L'Action-Réaction (Le Look Back) consiste à ne jamais couper immédiatement après un événement choquant ou surprenant. Couper d'abord sur la réaction d'un personnage (le regard, l'émotion), puis revenir à l'objet ou à l'événement. Cela donne de la puissance émotionnelle à la scène.
Afin de s’assurer de la fluidité d’une scène, on préfère couper un plan au milieu d’un mouvement. Par exemple, l'acteur commence à se lever dans le plan A, et le mouvement se termine dans le plan B. C’est le Raccord dans le Mouvement (Cutting on Action)
Dernier exemple : le Jump Cut Émotionnel. Utiliser des coupes sèches et rapides (saut dans le temps ou l'espace) pour créer la confusion, la vitesse, ou l'anxiété. Utilisé à contre-courant du cinéma classique pour des effets stylistiques (comme chez Godard, mais aussi dans des séquences d'action modernes).
2. Le rythme et la structure
La règle des 10 minutes (pour l'audience) s’assure que le film a établi son ton et son conflit principal dans les dix premières minutes pour accrocher le spectateur. Le monteur est le premier testeur de l'engagement du public.
Le montage par scènes entières est valable pour la première version du film (assembly cut) où le monteur essaie souvent de monter les scènes dans leur intégralité, en se concentrant uniquement sur la structure et le flux narratif, sans se soucier de la perfection des coupes. C'est un squelette qui permet de tester l'histoire.
Enfin une coupe doit souvent suivre non pas une règle technique, mais le rythme interne de l'acteur (une respiration, un clignement des yeux, une hésitation). Si l'acteur a besoin de ce quart de seconde, la coupe est tenue.
3. Les Outils Techniques et la Collaboration
Pendant Le rough cut (Première Version Globale) le monteur travaille seul pour livrer au réalisateur la première ébauche du film. C'est l'étape où le monteur doit être le plus honnête possible avec l'histoire.
Le monteur peut aussi utiliser de la musique d'autres films (le temp track) pour aider à définir le rythme et l'émotion avant que le compositeur ne commence son travail. C'est un piège, car le réalisateur peut s'y habituer (le « temp love »), mais c'est un outil bien utile pour les projections test.
Le monteur organise (souvent via le producteur) des projections d'essai devant un public non averti. L'astuce est de ne pas regarder le film, mais d'observer le public (où il rit, où il s'ennuie, où il s'agite) pour identifier les scènes à retravailler. La projection test est un véritable verdict!

Thelma Schoonmaker (USA - 3 Oscars) est l'une des monteuses les plus respectées de l'industrie cinématographique. Elle est surtout connue pour sa collaboration de longue date avec le réalisateur Martin Scorsese. Son travail sur des films comme "Raging Bull", "Goodfellas", et "The Departed" a été salué pour sa précision et son impact narratif.
"Le montage, c’est comme sculpter dans le temps. Vous prenez un bloc de rushes et vous en retirez tout ce qui n’est pas nécessaire pour révéler l’histoire."

Walter Murch (USA) est souvent considéré comme un pionnier du montage cinématographique moderne. Il a travaillé sur des films emblématiques comme "Apocalypse Now" et "Le Parrain". Murch est également connu pour avoir développé des techniques innovantes de montage sonore et visuel. Par exemple, dans son livre « En un clin d’œil », Murch explore la question « Pourquoi les raccords fonctionnent-ils ? » et développe une théorie sur la perception du temps et du rythme au cinéma, en s’appuyant sur des exemples concrets de sa carrière. Il y aborde aussi la notion d’équilibre entre technique et intuition dans le processus créatif.
"Le montage, c’est l’art de choisir le bon moment pour cligner des yeux."

Hervé de Luze (France - 3 Césars) est un monteur français qui a travaillé sur des films emblématiques comme "Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain" et "Le Pianiste". Il est respecté pour sa capacité à raconter des histoires de manière poétique et émotionnelle.
"Le montage, c’est comme écrire une partition musicale : chaque plan est une note, et c’est leur enchaînement qui crée la mélodie de l’émotion."

Michael Kahn (USA - 3 Oscars) est connu pour sa longue collaboration avec Steven Spielberg. Il a travaillé sur des films comme "Les Dents de la mer, "E.T. l'extra-terrestre", et "La Liste de Schindler". Il est respecté pour sa capacité à raconter des histoires complexes de manière fluide et engageante.
"Le montage, c’est comme raconter une histoire autour d’un feu de camp. Si tu perds l’attention de ton public, même pour un instant, tu as échoué. Chaque coupe doit servir l’histoire, pas l’égo du monteur."

Pietro Scalia (Italie) a travaillé sur des productions internationales comme "JFK" et "Gladiator". Scalia a remporté deux Oscars du meilleur montage et est respecté pour sa capacité à gérer des séquences complexes et à créer des récits visuellement puissants.
"Le son et l’image doivent s’épouser parfaitement, comme deux danseurs. Si l’un prend le pas sur l’autre, l’équilibre est rompu."

Sally Menke (USA) est surtout connue pour sa collaboration avec Quentin Tarantino sur des films comme "Pulp Fiction", "Kill Bill", et "Inglourious Basterds". Son travail a été salué pour sa capacité à capturer le rythme et l'énergie des scénarios de Tarantino. Menke a joué un rôle crucial dans la définition du style visuel distinctif des films de Tarantino.
"Mon travail, c’est de faire en sorte que le public ne quitte pas le film des yeux. Chaque coupe doit être une raison de continuer à regarder, pas une excuse pour s’échapper."