Hors cycles, Evénements & Réflexions

Quand le Silencio va à la Comédie de Genève
Les membres du Silencio Club-Ciné ont la chance d'être reçus dans des conditions avantageuses à la Comédie de Genève. Plusieurs d’entre eux ont ainsi pu assister au spectacle de Cyril Teste Sur l'Autre Rive: une performance théâtrale dialoguant avec le cinéma pour adapter librement Platonov de Tchekhov.
Mélida Bidal, chargée du développement des publics, les a accueillis avant l’ouverture des portes pour leur présenter le spectacle et son auteur.
Cyril Teste est un metteur en scène dont les créations témoignent toujours de sa passion pour le cinéma. Raymond Depardon serait le cinéaste dont il se rapproche le plus, pour son côté reportage, documentaire. Les plans serrés sur les visages donnent accès à leurs émotions. La valse des caméras portées confère un vertige assumé, celui de la traque, des échappées tentées, de la quête de vérité.
La pièce est une fête qui comme souvent ne célèbre la joie, la réussite, l’amour et l’amitié, la vie… qu’en apparence. Comédiennes et comédiens au talent certain ont été invités à l’adaptation du texte de Tchekhov dans le langage de leur chef d’orchestre. Par ailleurs, simples quidams, hommes et femmes à leur tour conviés ont quitté leurs quartiers des Eaux Vives pour improviser sur la scène, boire, manger, bavasser, danser, ’”habillant” ainsi de leur présence la dramaturgie avec une malhabile aisance. C’est tellement vrai! Il y a tant de ces soirées où se mêlent des invités de circonstance, juste présents pour donner raison aux hôtes de festoyer.
Comme Depardon, Cyril Teste s’intéresse aux gens, aux personnages, aux émotions qui les animent. Dans cette nuit de fête et d’ivresse, dans cette soirée mondaine de retrouvailles attendues -ou non-, surprenantes -ou contrariantes-, dans cette foule un peu folle, nous nous faufilons, aussi discrets que le personnel de service, aussi insidieux que celui et celle qui passent leur nuit à déjouer l’ennui en en capturant de leurs boîtes à images les meilleurs moments.
Comme Depardon, Cyril Teste veut suivre ces étranges personnages, pour mieux les comprendre, les connaître. De gros plans en caméra à l’épaule sur des visages joyeux, bouleversés, ivres, heureux, perdus, pervers, miséreux… s’affichent sur des panneaux mobiles dansant au centre du salon. Écran polyptyque qui masque une partie des convives, pour mieux les mettre en lumière, il se divise et se démantèle, rendant compte d’une intimité recherchée dans une loge, un vestiaire, derrière une table, derrière un verre, vers la musique et son prestataire .
Une nuit de fête et d'ivresse, faite de faux enthousiasme, de mensonges et trahisons, de convenances malsaines et de relations intéressées… Un univers de malaise qui me dérange, car dans lequel je ne me retrouve déjà pas dans la réalité.
Pourtant je salue la prouesse. Tchékhov n’est pas trahi. Je salue le talent des interprètes qui savent donner une once d'humanité à ces êtres, la plupart sans finesse. Je salue l’émotion de Sacha qui chante jusqu’à en pleurer; Micha est odieux à souhait, manipulateur des sentiments qu'il peut susciter ou raviver pour les abandonner une fois l'ouragan déclenché; Serge serpente dans les limbes de ses désirs et de ses obligations. Qui est-il vraiment ? Le sait-il seulement?
Je salue Cyril Teste, enfin, pour cette adaptation contemporaine d'un texte intemporel, à mon grand dam , cette création visuelle et sonore enrichie de deux personnages mouvants et muets, mais ô combien éloquents.
Je le salue en particulier pour la “chorégraphie” de la dernière scène. Au bout de la nuit, chacun a perdu ses repères, sa langue de comère, son statut éphémère et se retrouve à terre. Sur l’autre rive.
NOIR.

Le chef d'oeuvre de Robert Aldrich a été projeté au cinéma
Le France de Thonon-les-bains à 20h00
Le Silencio s'est associé pour cette occasion au festival Empire de Thonon.
Dans un Mexique mis à feu et à sang par la guerre civile, l’ancien colonel sudiste Benjamin Trane croise le chemin de Joe Erin, un aventurier à la tête d’une petite bande de desperados. Une rencontre pour le moins agitée mais, entre les deux hommes, des liens se nouent. Ils se resserrent même lorsque, à la demande de l’empereur Maximilien, ils acceptent auprès d’un détachement de lanciers français d’escorter la comtesse Duvarre jusqu’à Vera Cruz où l’attend un bateau. Sous le feu des révolutionnaires, ils découvrent qu’il ne s’agit là que d’une diversion, leur chargement réel se révélant beaucoup plus précieux et convoité.
Le magnifique résumé de la séance est ICI
Bouh !
Avez-vous eu peur ?
L'édition 2025 du festival de films Lumière s'est tenue du 11 ou 19 Octobre 2025. Le Silencio y était grâce à Céline et Eric qui ont vu moultes films.
Cliquez sur l'affiche pour accéder à tous les films visonnés.

Pique-nique sorti du sac, visite du musée et échanges savoureux avec ce passionné de cinéma, projection en argentique d’un court-métrage tiré de sa malle aux trésors, distribution de glaces par notre ouvreuse favorite et projection du grand film ! Tout pour se laisser emporter dans les séances d’autrefois !
Cette édition de l'année 2025 nous a permis de frémir et de rire au rythme d'un thriller ferroviaire grâce à Arthur Hiller !
La webradio Good Morning Evian était là aussi : lien

Nous étions 22 à découvrir les bandes annonces dénichées par Tania, à visionner deux navets qui finalement étaient effectivement des nanards. Sourires attendris, soubresauts joyeux et rires aux éclats...une véritable escalade délirante!
Un premier film, "Plan 9 From Outer Space" mêlant vampires, morts-vivants, secousses aériennes, soucoupes volantes, polar (mauvais bien sûr!), annonce de fin du monde et morale de bas étage! Et Dieu dans tout ça? Créateur de l'Univers, même les extra-terrestres croient en lui!... Faux raccords à gogo, décor en carton pâte, personnages inutiles, figurants joueurs: qui s'est le plus amusé?
Petite pause gourmande, rafraîchissante, et riche en retrouvailles, nouvelles rencontres, échanges de cinéphiles réjouis, etc. autour d'une table bien garnie de petites victuailles et d'une sélection de livres et dvd sortis de la malle aux trésors de nos animateurs passionnés!
Retour en salle et Super Quiz élaboré par Guillaume: même les plus novices y trouvent leur compte! Références insoupçonnées, surprises des réponses révélées. Ambiance adéquate!
Deuxième film "Starcrash: le choc des étoiles". "Starwars: la Guerre des étoiles" n'est pas loin. "La Planète des Singes" non plus! Et même "Metropolis"! Les références fusent!
Stella Star en Barbie brune et Ken frisé au sourire-dentifrice, costumes à ravir (Stella Star condamnée aux travaux forcés en "maillot de bain" noir et cuissardes à talons, ça vaut le détour!!!), scénario léger, léger, parfait pour s'envoler "vers l'infini, et au delà!!!"
La nuit des nanars n'était pas si longue. Et si on recommençait? Affaire à suivre!
Le court-métrage est un exercice particulier. Il est au long-métrage un peu ce que la nouvelle est au roman. Un décor, des personnages, une situation efficacement présentés. Un déclencheur, un développement, une chute souvent inattendue. Pour que l'exercice devienne œuvre artistique, il faut trouver "un p'tit truc en plus", ce qui est loin d'être facile. Surtout dans le registre de l'humour!
Chaque année, le CNC organise la Fête du Court-Métrage. Une semaine de programmation de films courts partout en France à l'aide d'une sélection mise à disposition. Chacun peut organiser l'événement librement et gratuitement dans tout lieu désirant participer.
On s'inscrit, on reçoit la liste des films, on les visionne, on les choisit, et sur la semaine définie, on accède au programme qu'on a préféré pour le projeté à l'endroit indiqué.
Les salles de cinéma peuvent aussi participer: les programmes mis à leur disposition ne sont pas les mêmes, et la séance sera payante pour les spectateurs.
Cette année, afin d'être bien installés dans des fauteuils confortables, avec une qualité de son et d'image assurée et certains de bénéficier au mieux des plaisirs du cinéma, Le Silencio Club Ciné s'est associé au Cinéma Le France de Thonon pour cette soirée spéciale courts-métrages.
Pour que la Fête soit sous le signe de la bonne humeur, le programme "Fais-moi rire!" a été retenu.
Nouvelle ambiance à chaque nouveau clap, nouveau décor, nouveau rythme, nouvelle équipe, pas le temps de s'ennuyer! Une soirée bon enfant bien agréable, entre tendres sourires et joyeux éclats de rire!

En ce jour si particulier pour les cinéphiles français, Le 19 mars 1885 est un jour qui ne s'oublie pas. C'est le jour de "La Sortie des Usines Lumière". 130 ans cette année! Le Silencio-Club-Ciné a fêté cet anniversaire avec le soutien du Cinéma Le France, et les éclairages avertis de Laurent Le Forestier, professeur de cinéma à l'Université de Lausanne: sa connaissance remarquable de l'histoire du cinéma et des frères Lumière nous a permis d'avoir une discussion de très grande qualité et d'en apprendre beaucoup sur cette mystérieuse boite cubique aperçue dans les 2-3 premiers making-off de l'histoire du cinéma.
Ce soir Le Silencio s'est projeté 130 ans en arrière.
Et il y a 130 ans nous n'étions pas si différents.
Les enfants étaient fascinés par les poissons rouges, ils sautaient à saute-moutons, faisaient des cascades en vélo, ne suivaient pas les consignes qu'on leur donnaient, sautaient dans l'eau en rigolant, prenaient leur goûter avec Papa et Maman, regardaient les objectifs droit dans les yeux, se cachaient sous la couette et faisaient des batailles d'oreillers.
Il y a 130 ans, leurs parents allaient travailler, se promenaient sur les grandes avenues, prenaient les transports en commun, emmenaient les petits au jardin et promenaient leur chiens.
Il y a 130 ans, les hommes courtisaient les femmes en les taquinant, les femmes répondaient feignant l'agacement, les jeunes filles dansaient sur tous les continents, les familles en Orient s'aimaient autant qu'en Occident.
Il y a 130 ans, les armées s'entraînaient dans des chorégraphies aussi parfaitement suivies qu'elles seraient "ingérées" une fois sur le terrain.
Il y a 130 ans, on essayait de s'amuser et de savourer de la vie ce qui pouvait être léger.
Les frères Lumière ont voulu donner à leurs images valeur de témoignages, et le film de Thierry Frémaux leur rend hommage.
L'aventure continue, en plans fixes, en travellings, en plans courts, plans séquences et s'allie au montage, comme Auguste et Louis ont initié le chemin, ou comme Méliès en a ouvert une autre direction. Chacun sa poésie, chacun ses facéties, chacun son langage. Le cinéma était là. Ses auteurs en annonçaient d'autres, qui n'oublieraient jamais ces premières images.
Merci à Laurent Le Forestier pour avoir offert à l'assistance des clés supplémentaires à ce fabuleux voyage !
Encore Bon Anniversaire ! Et vive le cinéma ! ❤️