Le Silencio va au cinéma
Sirāt , Óliver Laxe, 2025.

Vu par Céline
Tempête de sable: une réflexion philosophique sur le sens de la vie.
“Sirāt, c'est le pont entre le paradis et l'enfer. Il est fin comme un cheveu et tranchant comme une lame.” Apostolat.
Le pont entre le paradis et l'enfer. Pour certains c’est le purgatoire.
Sur un étrange mur de sable, de roche ocre sombre, des cubes de métal noir montent la garde .Ils n’ont qu’une bouche circulaire, énorme. Juste un corps, et une bouche. Des enceintes. Gigantesques. Prêtes à hurler. Ici, maintenant. Nomades. Quelle image insolite. Le désert, vide de vie, intemporel. Et ces curieux agents de contrôle, lourds, et fièrement installés. Technologiques. Le peuple va pouvoir arriver.
Un peuple d’âmes égarées. Décharnées. Démembrées. Sorties de nulle part. Les bouches vibrent. Et les âmes dansent. Collées contre des gueules béantes et vociférantes.
“-Il n’y a pas de musique!!? dit le visiteur, suivi de son fils.
-Il n’y a pas besoin de musique. Il y a la Danse.
-Ah oui. C’est ce qu’elle disait”, l’Enfant Perdue.
Évadées d’un enfer, le monde des humains, ces âmes errantes cherchent une parenthèse. De liberté. De respiration. Une famille “choisie” de laissés pour compte. Comme elles. Elles la préfèrent. Un paradis artificiel. Un paradis virtuel. Le paradis peut-il être autre que virtuel?
Le visiteur et son fils cherchent, et se mettent à errer aussi entre ces fantômes de la vie. L’Enfant Perdue doit être parmi eux.
Sirāt est un pont, un passage. De la mort vers la vie? De la vie vers la mort? Le sable fait du Sirāt un mirage, un rêve ou un cauchemar. Tout dépend. Dont on revient, ou pas. Tout dépend.
Quelle est la réponse? Qui a la réponse? Où est la réponse? En chacun de nous. Il y a la mort. Il y a la souffrance. Il y a la vie. Quelle différence? Il y a la Chance. Et la Malchance. Il faut faire avec.
Il y a la guerre, il y a la fête, et les soldats qui chassent, en toute bienveillance. Parfois l’échappée belle, la désobéissance. Suivent les conséquences. Et il y a ces rails qui traversent Sirāt. Et le train qui avance.
On se questionne, dès les premières secondes. On se demande: que dois-je faire dans ce monde? Et on comprend, que la Terre sera toujours ronde.
