Le Silencio va au cinéma

Vie privée 

 

 

Vu Par Céline

 

Lilian, psychiatre un peu surmenée, perd une de ses patientes, qu’elle se persuade d’avoir été tuée. Avec l’aide de son ex-mari, elle suit le fil rouge de ses pensées, pour démêler le faux du vrai, la vision de la réalité.

 

Bleu comme ses yeux, brun comme ses cheveux.

bleu comme son écharpe, brun comme son manteau

Bleu comme la mélancolie, brun comme les antiquités

Bleu comme l’eau glacée, brun comme la chaleur du foyer…

 

Mais quel foyer? 

 

“Vie privée” de Rebecca Zlotowski est bleu et brun, comme Lilian. Lilian qui se perd dans les confessions de ses patients, ses relations de parent-enfant, parent-parent. Lilian qui se cache derrière ses rideaux bleus, derrière ses portes de bois brun, ses consultations, ses sentiments éteints.

Tout le film est orchestré par ces deux camaïeux. Chatoiement de complémentaires. 

Orchestré comme le concert de rêves énigmatiques. La bande son danse entre musique classique et contemporaine et les bruits battent la mesure comme les enregistrements sur disquettes. Vie privée est une valse entre hypnose et réalité. Ne l’est-elle pas dans la “vraie vie”?  Le rouge est là aussi. Comme la peur, ou la passion, comme un cœur qui bat la chamade. Vertige des couleurs, des cadrages audacieux, montage rythmé, rapide, qui donne à l’intrigue son quota de suspense. On est un peu chez Agatha Christie, sans Hercule Poirot. L’enquête s’affole, d’indices en conclusions, “Le crime est notre affaire” diraient les Beresford chez Pascal Thomas. Lilian et Gabriel forment un couple séparé, réuni par des événements précipités. Qui cherche et traque, mais qui, mais quoi? Qui devient cible, sous les menaces, de qui, de quoi? 

 

Thriller ou comédie, psychose ou thérapie? Le film de Rebecca Zlotowski, est un peu tout celà, servi par une distribution savoureuse d'éclectisme, et une mise en scène dont l’esthétique et l’humour rendent hommage au Maître du Suspense. Cette jeune réalisatrice au parcours déjà bien étoffé continue et continuera de bien nous étonner!